Abolition et Sean Penn de mort
À la télé française, un morceau d'histoire et de bravoure : Abolition. Ce téléfilm en deux parties retrace le combat du génial Robert Badinter contre la peine de mort. Charles Berling reprend le rôle puissant de l'avocat dans l'affaire Roger Bontems (complice d'une prise d'otages et condamné à la peine capitale sans avoir tué personne) jusqu'à l'affaire très médiatique Patrick Henry.
Remontons encore le temps et forgeons-nous une opinion d'après une oeuvre de 1995 "La Dernière marche".
Le trio Tim Robbins, Susan Sarandon et Sean Penn s'attaquait à la dose létale dans les prisons US.
M le mot dit (Bad man et Robbins)
Poignant, émouvant, des mots usés jusqu’à la corde pour tenter de décrire l’œuvre centrée sur un drame humain. La Dernière marche est de ce calibre là. Le film de Tim Robbins avance sur une ligne tendue à l’extrême entre la vie et la mort, le choix et la compassion.
Matthew Poncelet a violé et tué deux ados. Condamné à la piqûre létale, il a choisi sœur Helen Prejean pour l’accompagner au bout. La dernière marche, c’est celle de l’homme mort et de son convoyeur de souffrance jusqu’à l’ultime vérité.
L’oppression, la lourdeur du milieu carcéral, la violence des âmes sont concentrées dans des images brutes de Robbins et la musique sourde de transe animale de Springsteen.
Helen, femme parmi les hommes, religieuse parmi les septiques, n’a pas sa place dans ce monde écrasant. Pourtant, tout doit filtrer par elle à son corps défendant. Dépouillée, écorchée, Susan Sarandon -oscar de la meilleure actrice- tamise le récit et évite les éclats dangereux d’un sujet de plomb, la peine capitale.
Saturé d’absence, rempli de silence, Matt est un pauvre type emmêlé qu’une brave femme veut dénouer à coup d’amour inconditionnel. Sean Penn est ce bloc de pudeur et de rage rentrée. Gueule d’ange pour rôle de monstre, il est ce condamné écrasé de préjugés, planqué derrière sa clope et sa banane de rocker de pacotille. Acteur impressionniste, son regard suffit à trahir la peur, juste derrière l’arrogance. Sans mot de trop, Penn ira à l’achèvement d’un homme que sa propre vérité terrifie.
Tiré d’une histoire vraie et du livre d’Helen Prejean -Dead man walking- ce film accroche des images sur les non-dits. Des flashs comme des shoots dosent la vision de l’horreur. La couleur chaude d’une Louisiane agonisante. La prison glaciale où tout le monde est déjà mort. Le choc granuleux du moment où tout bascule. Des corps dans l’herbe humide, un bois, une sale nuit collante. Une raclure dissimulée par le béton aride. Surgit alors l’idée qu’un crime se commet toujours dans l’ombre, celle de la nuit ou des murs d’une cage. Ordinairement, l’inhumanité se planque. En cela le film prend parti. Il brandit ce que l’on ne doit jamais voir, l’exécution. La fin d’un homme voulue par ses semblables. Un crime nocturne qui en rappelle un autre. « Œil pour œil » dit la bible, si chère au médiocre curé de la prison. Après, plus rien. Si ce n’est la mort pour l’un, la haine pour les autres. Réducteur.
Rédemption et pardon. Ces deux tout petits mots, à force de volonté de l’unique âme forte au milieu d’ego haineux, viendront finalement se poser sur les plaies à vif.
Pour Tim Robbins et son duo d’acteurs enragés, la dernière marche est la plus dure et la plus belle. C’est celle, sublime, qui rapproche de la vérité, de ce qu’on n’aurait pas pu dire sans la peur de l’après.
Remontons encore le temps et forgeons-nous une opinion d'après une oeuvre de 1995 "La Dernière marche".
Le trio Tim Robbins, Susan Sarandon et Sean Penn s'attaquait à la dose létale dans les prisons US.
M le mot dit (Bad man et Robbins)
Poignant, émouvant, des mots usés jusqu’à la corde pour tenter de décrire l’œuvre centrée sur un drame humain. La Dernière marche est de ce calibre là. Le film de Tim Robbins avance sur une ligne tendue à l’extrême entre la vie et la mort, le choix et la compassion.Matthew Poncelet a violé et tué deux ados. Condamné à la piqûre létale, il a choisi sœur Helen Prejean pour l’accompagner au bout. La dernière marche, c’est celle de l’homme mort et de son convoyeur de souffrance jusqu’à l’ultime vérité.
L’oppression, la lourdeur du milieu carcéral, la violence des âmes sont concentrées dans des images brutes de Robbins et la musique sourde de transe animale de Springsteen.
Helen, femme parmi les hommes, religieuse parmi les septiques, n’a pas sa place dans ce monde écrasant. Pourtant, tout doit filtrer par elle à son corps défendant. Dépouillée, écorchée, Susan Sarandon -oscar de la meilleure actrice- tamise le récit et évite les éclats dangereux d’un sujet de plomb, la peine capitale.
Saturé d’absence, rempli de silence, Matt est un pauvre type emmêlé qu’une brave femme veut dénouer à coup d’amour inconditionnel. Sean Penn est ce bloc de pudeur et de rage rentrée. Gueule d’ange pour rôle de monstre, il est ce condamné écrasé de préjugés, planqué derrière sa clope et sa banane de rocker de pacotille. Acteur impressionniste, son regard suffit à trahir la peur, juste derrière l’arrogance. Sans mot de trop, Penn ira à l’achèvement d’un homme que sa propre vérité terrifie.
Tiré d’une histoire vraie et du livre d’Helen Prejean -Dead man walking- ce film accroche des images sur les non-dits. Des flashs comme des shoots dosent la vision de l’horreur. La couleur chaude d’une Louisiane agonisante. La prison glaciale où tout le monde est déjà mort. Le choc granuleux du moment où tout bascule. Des corps dans l’herbe humide, un bois, une sale nuit collante. Une raclure dissimulée par le béton aride. Surgit alors l’idée qu’un crime se commet toujours dans l’ombre, celle de la nuit ou des murs d’une cage. Ordinairement, l’inhumanité se planque. En cela le film prend parti. Il brandit ce que l’on ne doit jamais voir, l’exécution. La fin d’un homme voulue par ses semblables. Un crime nocturne qui en rappelle un autre. « Œil pour œil » dit la bible, si chère au médiocre curé de la prison. Après, plus rien. Si ce n’est la mort pour l’un, la haine pour les autres. Réducteur.
Rédemption et pardon. Ces deux tout petits mots, à force de volonté de l’unique âme forte au milieu d’ego haineux, viendront finalement se poser sur les plaies à vif.
Pour Tim Robbins et son duo d’acteurs enragés, la dernière marche est la plus dure et la plus belle. C’est celle, sublime, qui rapproche de la vérité, de ce qu’on n’aurait pas pu dire sans la peur de l’après.
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