L'Oscar du polar
Si le polar était un art, Oscar Wilde s'y serait intéressé. Gyles Brandreth, journaliste écrivain, a visé juste avec ses romans, où le poète devient détective. Le second épisode de la série vient de sortir chez votre libraire. Expérience biographico-policière so british.
Passionné depuis son plus jeune âge par Oscar Wilde, Gyles Brandreth décide un beau jour de marier son idole à une littérature grand public sous-estimée, le polar. Et le dandy redore le blason du noir avec brio.
Se vautrer dans l'indécente littérature que l'on dit de gare... brillante idée. Le roman policier permet de naviguer entre les couches sociales aisément, comme le faisait Oscar lui-même. Il permet aussi de nouer des intrigues et des rencontres intéressantes, où la critique paraît sans forcée. C'est en effet dans le noir que se révèle la vraie nature de ceux qui nous entourent. Et comme disait tonton Wilde : « quand on dit la vérité, on est sûr d'être tôt ou tard découvert ».
Après Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, voici donc Oscar Wilde et le jeu de la mort. Pour l'auteur de Dorian Gray, il ne s'agit plus de trouver l'assassin d'un petit gars des bas quartiers, mais de chercher un salopard parmi les people de son club. Et clou du spectacle, le dramaturge doit résoudre la série de crimes fissa pour éviter d'y passer à son tour. Le temps est compté. Malgré tout, il en faut plus pour faire peur au dandy, flegmatiquement cynique.
Quoi qu'il en soit, c'est pas du joli derrière les façades victoriennes des lettrés londoniens. Sous le vernis, l'envie.
« Dans les affaires très sérieuses, l'essentiel est le style, pas la sincérité. »
L'originalité des polars de Brandreth tient de sa connaissance parfaite du personnage central, génial acteur de sa propre vie. Les aphorismes du géant irlandais agrémentent savoureusement les dialogues. Et ses amis, presque aussi célèbres que lui, donnent de la profondeur au récit. Chaque information reste utile et ne jure pas comme si l'auteur s'écoutait écrire.
Ainsi, l'on croise avec bonheur Arthur Conan Doyle, auteur des aventures de Sherlock Holmes, Bram Stoker, géniteur de Dracula, ou encore Robert Sherard, futur biographe d'Oscar Wilde et narrateur opportun des livres de Brandreth.
Le parallèle entre Oscar / Holmes et Sherard / Watson, fonctionne à plein régime. La thèse du romancier étant que Wilde aurait influencé Doyle pour la création de son héros de papier au don d'observation si aiguisé. Ceci n'est pas la seule idée malicieuse.

Que les fans de Jessica Fletcher se rassurent. L'art du polar est parfaitement respecté. Le lecteur colle à l'intrigue et finit par savoir comment et pourquoi tel crime odieux a été commis. Le panache wildien en plus. « La vie est tout simplement un mauvais quart d'heure composé d'instants exquis. » La lecture de ce bon roman noir en est assurément un.
Gyles Brandreth, Oscar Wilde et le jeu de la mort, 10/18 (coll. « Grands Détectives »), février 2009.
Déjà paru : Gyles Brandreth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18 (coll. « Grands détectives »), mars 2008.
Passionné depuis son plus jeune âge par Oscar Wilde, Gyles Brandreth décide un beau jour de marier son idole à une littérature grand public sous-estimée, le polar. Et le dandy redore le blason du noir avec brio.Se vautrer dans l'indécente littérature que l'on dit de gare... brillante idée. Le roman policier permet de naviguer entre les couches sociales aisément, comme le faisait Oscar lui-même. Il permet aussi de nouer des intrigues et des rencontres intéressantes, où la critique paraît sans forcée. C'est en effet dans le noir que se révèle la vraie nature de ceux qui nous entourent. Et comme disait tonton Wilde : « quand on dit la vérité, on est sûr d'être tôt ou tard découvert ».
Après Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, voici donc Oscar Wilde et le jeu de la mort. Pour l'auteur de Dorian Gray, il ne s'agit plus de trouver l'assassin d'un petit gars des bas quartiers, mais de chercher un salopard parmi les people de son club. Et clou du spectacle, le dramaturge doit résoudre la série de crimes fissa pour éviter d'y passer à son tour. Le temps est compté. Malgré tout, il en faut plus pour faire peur au dandy, flegmatiquement cynique.
Quoi qu'il en soit, c'est pas du joli derrière les façades victoriennes des lettrés londoniens. Sous le vernis, l'envie.
« Dans les affaires très sérieuses, l'essentiel est le style, pas la sincérité. »
L'originalité des polars de Brandreth tient de sa connaissance parfaite du personnage central, génial acteur de sa propre vie. Les aphorismes du géant irlandais agrémentent savoureusement les dialogues. Et ses amis, presque aussi célèbres que lui, donnent de la profondeur au récit. Chaque information reste utile et ne jure pas comme si l'auteur s'écoutait écrire.
Ainsi, l'on croise avec bonheur Arthur Conan Doyle, auteur des aventures de Sherlock Holmes, Bram Stoker, géniteur de Dracula, ou encore Robert Sherard, futur biographe d'Oscar Wilde et narrateur opportun des livres de Brandreth.
Le parallèle entre Oscar / Holmes et Sherard / Watson, fonctionne à plein régime. La thèse du romancier étant que Wilde aurait influencé Doyle pour la création de son héros de papier au don d'observation si aiguisé. Ceci n'est pas la seule idée malicieuse.

Que les fans de Jessica Fletcher se rassurent. L'art du polar est parfaitement respecté. Le lecteur colle à l'intrigue et finit par savoir comment et pourquoi tel crime odieux a été commis. Le panache wildien en plus. « La vie est tout simplement un mauvais quart d'heure composé d'instants exquis. » La lecture de ce bon roman noir en est assurément un.
Gyles Brandreth, Oscar Wilde et le jeu de la mort, 10/18 (coll. « Grands Détectives »), février 2009.
Déjà paru : Gyles Brandreth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18 (coll. « Grands détectives »), mars 2008.
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