SOS impertinence
« Il y a des journalistes qui ont appris leur métier à l’école hôtelière. Ils posent les questions comme on passe les plats. » Guy Bedos.
« Je ne suis pas sûr que les auditeurs de France Inter cherchent l’impertinence » Jean-Luc Hees, candidat de l’Elysée à la présidence de Radio France.
Entre les 2 citations, 20 ans ont passé. Et l'info est lavée de tous soupçons d'impertinence. À bas la lutte terroriste contre le gentil conformisme et le joli politiquement correct.
L'impertinence a de quoi faire peur. C'est ce qui engendre une ruture dans le discours public, ce qui permet une ouverture, un trouble dans les convenances. Les médias semblent manquer cruellement de cette pointe de liberté qui délie les langues. L'info est unique, interchangeable et bonne copine. Jamais un mot de trop et toujours là quand on en a besoin.
Le phénomène d'info plus blanche que blanche commence à se voir avec le traitement médiatique de la crise. Les usines ferment, mais sont surtout montrées les images de patrons retenus contre leur gré par des ouvriers en colère. Les violences policières augmentent, on voit surtout des casseurs qui méritent leur correction. Ces images choisies sèment le doute et l'info principale sur la montée de la violence sociale des forts sur les faibles passe à la trappe au profit de la violence désespérée des victimes principales de la crise. Les rares impertinences n'ont pas trouvé echo, loin du flot incessant de l'actu généraliste. Prise de risque minimum.
Je parle donc je suis
Depuis peu, malgré les efforts pour contenir la parole du peuple, des voix s'élèvent comme celles des étudiants-chercheurs ou des médecins, mis à mal par les réformes gouvernementales. Les médias s'emportent ou avouent ne pas suffisament couvrir ces mouvements de désaccord "auquel ils ne comprennent pas grand chose" (Bruce Toussain, de l'Édition Spéciale de Canal+). La nouvelle marotte, plus populaire et vendeuse, c'est de "positiver la crise", comme sait si bien le faire le bon J-P Pernaut.
Le Figaro a commencé à parler sans complexe de l'anticrise, bientôt suivi par le 20h de Pujadas et son "optimisme" galopant ou la plus pop Édition Spéciale avec ses "1000 idées contre la crise". ça paraîtrait presque impertinent de parler de bonheur quand l'économie mondiale sombre. Malheureusement, cela devient le discours officiel, l'écran de fumée rose qui cache la misère noire. Celle qui se tait.
La parole c'est le pouvoir. Ce qui est dit existe, le reste est nié. La communication (médiatique, politique, publicitaire) éclate l'info pure, considérée comme impertinence, comprise comme provocation. Et l'impertinence devient un gros mot. Mais cela vaut toujours plus que le silence, qui depuis longtemps vaut des clous.
« Je ne suis pas sûr que les auditeurs de France Inter cherchent l’impertinence » Jean-Luc Hees, candidat de l’Elysée à la présidence de Radio France.
Entre les 2 citations, 20 ans ont passé. Et l'info est lavée de tous soupçons d'impertinence. À bas la lutte terroriste contre le gentil conformisme et le joli politiquement correct.
L'impertinence a de quoi faire peur. C'est ce qui engendre une ruture dans le discours public, ce qui permet une ouverture, un trouble dans les convenances. Les médias semblent manquer cruellement de cette pointe de liberté qui délie les langues. L'info est unique, interchangeable et bonne copine. Jamais un mot de trop et toujours là quand on en a besoin.
Le phénomène d'info plus blanche que blanche commence à se voir avec le traitement médiatique de la crise. Les usines ferment, mais sont surtout montrées les images de patrons retenus contre leur gré par des ouvriers en colère. Les violences policières augmentent, on voit surtout des casseurs qui méritent leur correction. Ces images choisies sèment le doute et l'info principale sur la montée de la violence sociale des forts sur les faibles passe à la trappe au profit de la violence désespérée des victimes principales de la crise. Les rares impertinences n'ont pas trouvé echo, loin du flot incessant de l'actu généraliste. Prise de risque minimum.
Je parle donc je suis
Depuis peu, malgré les efforts pour contenir la parole du peuple, des voix s'élèvent comme celles des étudiants-chercheurs ou des médecins, mis à mal par les réformes gouvernementales. Les médias s'emportent ou avouent ne pas suffisament couvrir ces mouvements de désaccord "auquel ils ne comprennent pas grand chose" (Bruce Toussain, de l'Édition Spéciale de Canal+). La nouvelle marotte, plus populaire et vendeuse, c'est de "positiver la crise", comme sait si bien le faire le bon J-P Pernaut.
Le Figaro a commencé à parler sans complexe de l'anticrise, bientôt suivi par le 20h de Pujadas et son "optimisme" galopant ou la plus pop Édition Spéciale avec ses "1000 idées contre la crise". ça paraîtrait presque impertinent de parler de bonheur quand l'économie mondiale sombre. Malheureusement, cela devient le discours officiel, l'écran de fumée rose qui cache la misère noire. Celle qui se tait.
La parole c'est le pouvoir. Ce qui est dit existe, le reste est nié. La communication (médiatique, politique, publicitaire) éclate l'info pure, considérée comme impertinence, comprise comme provocation. Et l'impertinence devient un gros mot. Mais cela vaut toujours plus que le silence, qui depuis longtemps vaut des clous.
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