Homo, beau et beau-parent
Le projet sur le statut des beaux-parents, sujet pas funky au départ, fait pourtant swinguer. À gauche un peu, à droite ça déboite grave. Les divorcés devraient s'effacer et les homos pourraient avoir des droits. Oh my god, pourquoi m'as-tu abandonné ?
« Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l’homoparentalité et de l’adoption par les couples homosexuels. » Cette phrase est l'oeuvre d'une Christine Boutin remontée. Ministre du logement, ancienne consultante au conseil pontificale pour la famille au Vatican, mariée avec son cousin germain, on ne la lui fait pas à l'envers. La famille c'est sa came.
À l'origine, le projet de loi sur le statut du beau-parent est une idée de notre Président balancée entre la poire et le fromage le 13 février à l'Élysée aux nez des médaillés à la famille qu'il recevait ce jour. « Ce statut permettra de reconnaître des droits et des devoirs aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs. » Et bim.
En mai 2008, la garde des sceaux, Rachida Dati s'exprimait déjà sur le sujet dans Le Monde : « Le beau-parent dispose d'un véritable rôle au sein des familles françaises, mais d'un point de vue juridique, il n'a aucune existence, il n'a aucun droit. » Bam.
Pour un tiers s'occupant d'enfant d'un autre dans les familles recomposées, il faut savoir qu'emmener le gamin chez le médecin nécessite l'accord écrit du parent biologique. Et pour aller le chercher à l'école, le beau-parent doit disposer d'un mandat. Pour un quotidien frais et spontané, l'administration française est dans la place. Il était donc urgent de s'occuper de ces nouvelles familles très à la mode. Le statut des membres rajoutés doit simplifier la vie de tous à la casbah. Avec au centre de ces réflexions, le sacro-saint « bien de l'enfant ».
Famille, je vous hais
Évidemment, que l'on touche à la famille défrise toujours. La composition traditionnelle du noyau familial supporte difficilement le changement.
Premiers servis, les parents divorcés qui voient d'un mauvais oeil l'ingérence du nouveau compagnon dans leur histoire parent / enfant. Franck, le père d'une fille vivant avec son ex-femme et son nouveau conjoint, s'emporte sur le projet de loi. « Je suis opposé à ce genre de texte qui pour moi donne tout autorité parentale au beau père. Ma fille est ce que j'ai de plus précieux au monde, alors voir un beau père prendre les décisions à ma place, je suis contre. » Il continue, « je souhaite garder mon entière autorité parentale sur mon enfant, à l'exclusion de toute autre personne que mon ex-épouse et moi. » Dur de lâcher du terrain.
Seconds servis, les parents homosexuels partagés entre l'obtention inespérée d'un statut, et la déception de la « bâtardise » de celui-ci. Une vraie responsabilité serait enfin reconnue vis-à-vis de l'enfant de leur conjoint, mais consentie à défaut de mieux. Séverine, mère et militante à l'association Family Gay, explique : « En 1999, a été créé le pacs pour éviter d'avoir à marier les homosexuels. Un pacs ouvert à tous, hétéros, homos, frères et soeurs, etc. Aujourd'hui on créé ce statut de beau-parents encore une fois uniquement pour ne pas avoir à reconnaitre la co-parentalité dans les familles homoparentales. C'est lamentable. » Dur d'arracher un bout de terrain.
Pour autant, il n'y a pas que des esprits chagrins à l'idée du partage des enfants (qui veut la tête ?).
Choix dans la date
GayLib, le groupe homo de l'UMP (wtf ?) a été saisi par la secrétaire d'État chargée de la famille, Nadine Morano, d'une nouvelle version du projet de loi « relatif à l'autorité parentale et aux droits des tiers ». En clair, Nadine inclut les familles homoparentales à se joindre à la concertation sur ce statut de beau-parent. Blague ou vraie bonne idée ?
Dans un communiqué, GayLib raconte que figurera dans le nouveau texte la mention explicite des familles homoparentales dans l'exposé des motifs, de même que « la reconnaissance du droit pour l'enfant d'entretenir des relations durables avec le tiers avec lequel il a noué des liens ». L'autorité parentale pourrait être partagée par une simple convention homologuée par un juge.
Mais on se calme et on boit frais, le statut du beau-parent faisait partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Annoncé initialement pour la rentrée 2007, puis pour l'automne 2008, le texte n'a toujours pas été officiellement présenté à la presse. Autant dire que les homos ont intérêt à trouver comment on fait les bébés tous seuls...
« Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l’homoparentalité et de l’adoption par les couples homosexuels. » Cette phrase est l'oeuvre d'une Christine Boutin remontée. Ministre du logement, ancienne consultante au conseil pontificale pour la famille au Vatican, mariée avec son cousin germain, on ne la lui fait pas à l'envers. La famille c'est sa came.À l'origine, le projet de loi sur le statut du beau-parent est une idée de notre Président balancée entre la poire et le fromage le 13 février à l'Élysée aux nez des médaillés à la famille qu'il recevait ce jour. « Ce statut permettra de reconnaître des droits et des devoirs aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs. » Et bim.
En mai 2008, la garde des sceaux, Rachida Dati s'exprimait déjà sur le sujet dans Le Monde : « Le beau-parent dispose d'un véritable rôle au sein des familles françaises, mais d'un point de vue juridique, il n'a aucune existence, il n'a aucun droit. » Bam.
Pour un tiers s'occupant d'enfant d'un autre dans les familles recomposées, il faut savoir qu'emmener le gamin chez le médecin nécessite l'accord écrit du parent biologique. Et pour aller le chercher à l'école, le beau-parent doit disposer d'un mandat. Pour un quotidien frais et spontané, l'administration française est dans la place. Il était donc urgent de s'occuper de ces nouvelles familles très à la mode. Le statut des membres rajoutés doit simplifier la vie de tous à la casbah. Avec au centre de ces réflexions, le sacro-saint « bien de l'enfant ».
Famille, je vous hais
Évidemment, que l'on touche à la famille défrise toujours. La composition traditionnelle du noyau familial supporte difficilement le changement.
Premiers servis, les parents divorcés qui voient d'un mauvais oeil l'ingérence du nouveau compagnon dans leur histoire parent / enfant. Franck, le père d'une fille vivant avec son ex-femme et son nouveau conjoint, s'emporte sur le projet de loi. « Je suis opposé à ce genre de texte qui pour moi donne tout autorité parentale au beau père. Ma fille est ce que j'ai de plus précieux au monde, alors voir un beau père prendre les décisions à ma place, je suis contre. » Il continue, « je souhaite garder mon entière autorité parentale sur mon enfant, à l'exclusion de toute autre personne que mon ex-épouse et moi. » Dur de lâcher du terrain.
Seconds servis, les parents homosexuels partagés entre l'obtention inespérée d'un statut, et la déception de la « bâtardise » de celui-ci. Une vraie responsabilité serait enfin reconnue vis-à-vis de l'enfant de leur conjoint, mais consentie à défaut de mieux. Séverine, mère et militante à l'association Family Gay, explique : « En 1999, a été créé le pacs pour éviter d'avoir à marier les homosexuels. Un pacs ouvert à tous, hétéros, homos, frères et soeurs, etc. Aujourd'hui on créé ce statut de beau-parents encore une fois uniquement pour ne pas avoir à reconnaitre la co-parentalité dans les familles homoparentales. C'est lamentable. » Dur d'arracher un bout de terrain.
Pour autant, il n'y a pas que des esprits chagrins à l'idée du partage des enfants (qui veut la tête ?).
Choix dans la date
GayLib, le groupe homo de l'UMP (wtf ?) a été saisi par la secrétaire d'État chargée de la famille, Nadine Morano, d'une nouvelle version du projet de loi « relatif à l'autorité parentale et aux droits des tiers ». En clair, Nadine inclut les familles homoparentales à se joindre à la concertation sur ce statut de beau-parent. Blague ou vraie bonne idée ?
Dans un communiqué, GayLib raconte que figurera dans le nouveau texte la mention explicite des familles homoparentales dans l'exposé des motifs, de même que « la reconnaissance du droit pour l'enfant d'entretenir des relations durables avec le tiers avec lequel il a noué des liens ». L'autorité parentale pourrait être partagée par une simple convention homologuée par un juge.
Mais on se calme et on boit frais, le statut du beau-parent faisait partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Annoncé initialement pour la rentrée 2007, puis pour l'automne 2008, le texte n'a toujours pas été officiellement présenté à la presse. Autant dire que les homos ont intérêt à trouver comment on fait les bébés tous seuls...
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