Apprends l'économie avec le rapport Hadopi
Mené par l’industrie de la Culture et destiné à « influencer » le parlement, qui doit voter la loi contre le piratage en janvier prochain, le rapport Hadopi explique à qui veut le lire, que le téléchargement illégal aurait détruit près de 10.000 emplois. Info ou intox ?
Les vilains pirates auraient donc détruit 10.000 emplois sur l'année 2007. C’est la conclusion du rapport « Hadopi » (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, ndlr) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commandité par Equancy.
Passée en première lecture au Sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, la loi avait besoin d’être justifiée et c’est le but avéré de ce rapport demandé par Christine Albanel, la ministre de la Culture.
On peut donc apprendre dans ce chouette rapport que le piratage est un « phénomène massif » (v'là l'info) et que cette pratique induit inévitablement une moindre activité (…) des secteurs qui la subissent ».
« Inévitablement », le mot est lâché. Cette évidence est d’ailleurs démontrée par une étude commanditée par Equancy, poétiquement intitulée « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France ». Elle a pour principal client la FNAC, dirigée il y a peu par… Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi. De son côté, Tera Consultants, qui a dirigé l’étude, compte Vivendi parmi ses clients. Mais passons sur ces détails mesquins.
Piratage = baisse des ventes
L’équation est simple. Plus les Français piratent et moins ils achètent. Et pour ce qui est de calculer ce fameux “taux de substitution” (qui permet d’affirmer que pour 100 téléchargements de fichiers, on a x ventes perdues), le rapport (page 19) fait appel à un véritable texte scientifique. Mais écrit par Peitz et Waelbroeck, ce texte date de 1998 (!).
L’idée que le téléchargement d’une œuvre entraîne une baisse de profit, s’appuie donc sur des données calculées pour appréhender le marché tel qu’il était à la fin du siècle dernier. C’est logique.
En revanche, l’étude archi-poussée ne prend pas en considération les recettes apportées par ces foutues nouvelles technologies. Les sonneries téléphoniques, les taxes sur les CD vierges et les disques durs, l’augmentation des revenus du spectacle vivant, la part de marché grandissante du jeu vidéo, le chiffre d’affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, (MySpace, radios en ligne), l’autoproduction d’artistes, les réseaux de distribution alternatifs et enfin l’explosion du marché de l’occasion des produits culturels, tout ceci ne compte pas. L’argument primaire qui veut que le téléchargement illégal détruise des emplois aurait sans doute eu moins de force.
Finalement, le rapport Hadopi expose moins la peur du pirate que la peur des maths.
Les vilains pirates auraient donc détruit 10.000 emplois sur l'année 2007. C’est la conclusion du rapport « Hadopi » (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, ndlr) réalisé par le cabinet d’expertise économique Tera Consultants et commandité par Equancy.Passée en première lecture au Sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, la loi avait besoin d’être justifiée et c’est le but avéré de ce rapport demandé par Christine Albanel, la ministre de la Culture.
On peut donc apprendre dans ce chouette rapport que le piratage est un « phénomène massif » (v'là l'info) et que cette pratique induit inévitablement une moindre activité (…) des secteurs qui la subissent ».
« Inévitablement », le mot est lâché. Cette évidence est d’ailleurs démontrée par une étude commanditée par Equancy, poétiquement intitulée « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France ». Elle a pour principal client la FNAC, dirigée il y a peu par… Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi. De son côté, Tera Consultants, qui a dirigé l’étude, compte Vivendi parmi ses clients. Mais passons sur ces détails mesquins.
Piratage = baisse des ventes
L’équation est simple. Plus les Français piratent et moins ils achètent. Et pour ce qui est de calculer ce fameux “taux de substitution” (qui permet d’affirmer que pour 100 téléchargements de fichiers, on a x ventes perdues), le rapport (page 19) fait appel à un véritable texte scientifique. Mais écrit par Peitz et Waelbroeck, ce texte date de 1998 (!).
L’idée que le téléchargement d’une œuvre entraîne une baisse de profit, s’appuie donc sur des données calculées pour appréhender le marché tel qu’il était à la fin du siècle dernier. C’est logique.
En revanche, l’étude archi-poussée ne prend pas en considération les recettes apportées par ces foutues nouvelles technologies. Les sonneries téléphoniques, les taxes sur les CD vierges et les disques durs, l’augmentation des revenus du spectacle vivant, la part de marché grandissante du jeu vidéo, le chiffre d’affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, (MySpace, radios en ligne), l’autoproduction d’artistes, les réseaux de distribution alternatifs et enfin l’explosion du marché de l’occasion des produits culturels, tout ceci ne compte pas. L’argument primaire qui veut que le téléchargement illégal détruise des emplois aurait sans doute eu moins de force.
Finalement, le rapport Hadopi expose moins la peur du pirate que la peur des maths.
Et hop, un p'tit clip explicatif
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